Alep en poésie
Manuel scolaire syrien – ‚Ma langue, c'est l’arabe’ – Classes de sixième – Livre de l’élève – deuxième semestre –
Année 2013-2014
En feuilletant distraitement un manuel scolaire syrien de la décennie précédente, je suis tombée sur ce poème célébrant la citadelle d’Alep. C’est avec grand plaisir que je le partage avec vous (traduction personnelle).
القلعة الشمّاء تُخفي همّها فعلى جباه الذكيات ستار
يتألق الإبداع كي يسمو إلى أبراجها وأمامها ينهار
المدرج الأثري يلهث وانياً تعباً ويشفق أن يميد جدار
والمسرح المنظوم عقد لآلئٍ وحجارة السور المنيع النُضار
وهناك متّكأ الأمير وجنده والتاج معقود عليه الغار
صور من الماضي الأغرّ تفتّحت شمماً كما تتفتّح الأزهار
في كل منعطف جواد مسْرج للاقتحام وفارس مغوار
باق صهيل الجيل باق ملعب باق كسالف عهده المضمار
رضا بلال رجب Rida Bilal Rajab
Ecrit par Rida Bilal Rajab, poète syrien (1957-2013), intitulé ‘Sayf al-Dawla l’Arabe’ et tiré de son recueil de poésie ‘Damas, reine des capitales’.
Cité dans le manuel scolaire du ministère de l’Education syrien ‘L’arabe est ma langue’ destiné aux élèves de 6ème (Livre de l’élève, premier semestre, 2013-2014)
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La lecture de ce poème m’a incité à dérouler le fil de la poésie chantant la ville dans ses vers. Comme bien souvent lorsque l’on ouvre la porte d’une recherche sur Alep (ou autre d’ailleurs), on se retrouve face à un océan qui risque de vous emporter. Aussi, je ne puis vous donner qu’un avant-goût très sommaire de cette poésie. Ma modeste contribution ici ne va consister qu’en la traduction de quelques vers, choisis au hasard.
Commençons notre voyage par les vers d’un grand poète issu de la dynastie des Hamdanides, Abu Firas al-Hamdani (932-968), célèbre pour sa poésie chevaleresque. Il fait ici les louanges de sa ville d'adoption, Alep, qu'il désigne par son surnom "Al-Shahaba'" (‘la Blanche’), et la rivière qui l’arrose, Qouweiq (Belos pour les Grecs de l’Antiquité).
قد طفت في الآفاق شرقا ومغربا وقلب طرفي بيننا متقلبا
فلم أر كالشهباء في الأرض منزلا ولا كقويق في المشارب مشربا
Poursuivons maintenant avec ces quelques vers de l’immense poète syrien Abul-ʿAlaʾ al-Maʿarri (973-1057), qui n’hésite pas à élever Alep au même rang que Jérusalem. Ce texte est extrait d'une de ses compositions les plus célèbres, souvent désignée par son premier vers : "Law lā taḥiyyatu baʿḍi l-arbuʿi al-durusi" (لولا تحيّةُ بعضِ الأربُعِ الدُّرُسِ).
يا شاكى النوب انهض طالبا حلبا نهوض مضنى لحسم الداء ملتمس
واخلع إذا حاذيتها ورعا كفعل موسى كليم الله فى القدس
Pour conclure, je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous ces derniers vers qui tranchent pour le moins avec les précédents. En effet, la poésie arabe n’a pas uniquement une vocation panégyrique. Elle peut aussi faire mal parfois, notamment sous la plume acérée du célèbre poète de l’époque ayyoubide Ibn ‘Unayn (1154-1233). Peu échappèrent à sa satire mordante. Saladin lui-même en fit les frais. Comme ces vers l’expriment, il semblerait qu’il soit resté imperméable aux charmes d’Alep.
لا عادَ في حَلبٍ زَمانٌ مَرَّ لي ما الصُبحُ فيهِ مِنَ المَساءِ بِأَمثَلِ
سِيّانِ في عَرصاتِها رَأدُ الضُحى عِندي وَدَيجورُ الظَلامِ المُسبَلِ
Bernard Gagnon, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Aleppo_Citadel_04.jpg










